Les cagots : un mystère en Béarn

Les cagots désignaient des groupes d’habitants méprisés dans leurs villages de Gascogne et de Pyrénées.

Page Facebook de l’Office de tourisme.

Les cagots, parias parmi les parias, étaient des personnes exclues des villages béarnais. Un quartier leur était réservé, en général à l’écart du bourg afin de ne pas se mélanger aux villageois. Sorte de tradition et d’exclusion sociale se transmettant de génération en génération, les cagots s’apparentent à la caste des intouchables en Inde.
Ils ne touchaient les objets qu’avec un morceau de bois et devaient se distinguer avec une patte d’oie cousue sur les vêtements. A l’église, une porte leur était réservée, très petite de façon à baisser la tête pour les humilier. Ils avaient leur propre bénitier et restaient toujours dans le fond de l’église. Ils exerçaient les métiers du bois, charpentiers pour la majorité mais aussi menuisiers, tonneliers, fabricants de cercueils.

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Pourquoi les a-t-on rejetés si violemment ?
Autant de questions qui, aujourd’hui, ne trouvent toujours pas de réponse convenable. Le terme cagot constitue la référence la plus courante pour les désigner mais il est relativement moderne (16ème siècle). En Béarn, on trouve la trace du premier « Crestiaa » (ancien nom pour cagot ) à Lucq-de-Béarn en l’an 1000.
On leur prête différentes origines : Wisigoths, Maures, Juifs, Cathares, hérétiques ariens ou lépreux…Le terme de lépreux se retrouve dans beaucoup de théories de spécialistes, à cause de la terrible épidémie de lèpre qui a sévi au retour des croisés contaminés (du 11ème au 13ème siècle). L’origine des cagots, si elle est considérée comme ayant un rapport avec la lèpre, peut expliquer la mise en place de mesures préventives telles que l’exclusion ou la séparation. Mais la persistance de la ségrégation, alors que la maladie a disparu, pose la question de la véracité de l’origine du rejet.
Pour d’autres, leurs origines remonteraient bien plus loin que ça dans le temps : peuples des forêts, puis sédentarisés vers -6000 av. JC, une partie de cette population a continué d’y demeurer pour chasser et exploiter le bois et son charbon…

Nous ne pouvons donc être sûr de l’origine de cette exclusion. Il faut surtout retenir qu’au fil des années il y eu un gros amalgame autour de cagots. N’ayant pas le droit de se mélanger aux villageois, ils se mariaient entre eux d’où des problèmes de consanguinité. Ainsi considérait on cagots tous ceux qui étaient mal-formés physiquement et ayant des maladies de peau.

Par amour pour Dieu et par volonté d’exorciser leur rejet en montrant leur savoir-faire, ils participaient à la construction de la charpente de nombreux édifices religieux.
Pour le Béarn, une liste des cagots ayant travaillé à la charpente du château de Montaner en 1379 et le dénombrement général de la vicomté en 1385 auxquels s’ajoutent d’autres documents plus partiels, permettent de faire une approximation satisfaisante du nombre de cagots (entre 600 et 1000 personnes). Malheureusement les archives de l’église St Girons de Monein ne disent pas s’ils ont participé à la construction de la charpente.

La fontaine des cagots à Arthez de béarn




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