Histoire du Béarn

Le Béarn, ancienne province française qui a plus de mille ans d’existence, possède une riche histoire.

Page Facebook de l’Office de tourisme.

L’histoire du Béarn commence en 507, quand les Francs envahissent le territoire avec Clovis, détruisant tout sur leur passage. Ils sont repoussés vers 561 par les Basques des Pyrénées et les Aquitains des plaines ; le territoire devient Le Principat de Vasconie. En 607, La Vasconie semble se détacher du royaume franc. En 850, c’est les Vikings qui détruisent les villes de Benearnum, Oloron, Aire,...

Au cours du 11ème siècle, le Béarn devient un pays important. Les villes détruites par les Vikings (Lescar, Oloron) sont reconstruites. La population reste peu nombreuse et rassemblée entre Lembeye et Lescar. Des moines s’installent dans les forêts, créant ainsi de nouveaux villages (Lucq, Sauvelade). Des nobles construisent des villages autour de leurs châteaux (Pau,…).
Au 11ème siècle arrive le règne du vicomte Gaston IV « le croisé » (1090-1131). Il agrandit Morlaàs qui devient la première capitale du Béarn et instaure les fors qui sont les premières lois du Béarn. Gaston IV fonde aussi au début du 12ème siècle, l’ensemble hospitalier de Lacommande.

Au XIIIème siècle, Gaston VII Moncade gouverne le territoire du Béarn. Orthez devient la capitale du Béarn. De nombreuses bastides sont créées jusqu’au XIVème siècle. C’est à partir de là que Gaston Fébus proclame l’indépendance du Béarn.
Fébus restaure des châteaux (Orthez, Bellocq, Sauveterre, Pontacq, Lembeye) et en construit de nouveaux (Pau, Morlanne, Montaner).
Au XVème siècle, à la mort de Gaston Fébus, se forment les Etats du Béarn.

Gaston XI fait de Pau, la capitale du Béarn. L’art gothique va se développer fortement à cette époque avec des constructions d’églises (Saint Girons à Monein, à Sainte Colome, Arudy, Orthez, Thèze, Lembeye, Coarraze, Bruges, Bielle, Morlanne, Nay…).
Sous le règne d’Henri II d’Albret (1517-1555), le Béarn compte 50 000 habitants et connaît la prospérité. La vigne se développe dans le Vic-Bilh, à Jurançon et à Monein. Le commerce se fait avec l’Espagne, Bayonne et le Languedoc, mais aussi avec les Antilles. Les industries du fer, du sel, du textile continuent à se développer, avec celle du bois de la montagne, du cuir et de la teinture de Pontacq.

En 1560 Jeanne d’Albret (fille d’Henri II et Marguerite de Navarre) fait du Béarn un Etat protestant. En 1572 Jeanne d’Albret meurt, son fils Henri III devient roi de Béarn-Navarre. Henri III de Navarre échappe de peu au massacre des protestants à Paris. Il se convertit au catholicisme, et devient Henri IV roi de France. Le royaume de Béarn-Navarre reste distinct du royaume de France.

En 1620 Louis XIII (fils d’Henri IV) proclame l’Union du Béarn à la France. Le Béarn se transforme peu à peu en province française, malgré la révolte des béarnais. Au XVIIIème siècle : le Béarn est englobé dans une vaste région appelée « Intendance de Béarn, Navarre et Généralité d’Auch ». Antoine Mégret d’Etigny en fut l’intendant du Béarn et fut un adversaire de l’éducation du peuple. Il créa un réseau routier moderne (Bayonne à Toulouse, Bordeaux à l’Espagne), encouragea le commerce et développa les manufactures, les stations thermales, les hôpitaux…

La population béarnaise est assez faible à l’époque, elle se compose surtout de paysans et de bergers, d’artisans et marchands, le nombre d’ouvriers augmente, le commerce se développe surtout avec l’Espagne. La région paloise attire et Pau commence à devenir une ville digne de ce nom.

En 1790 le Béarn et les trois provinces basques (Soule, Basse-Navarre, Labourd) deviennent le département des Basses-Pyrénées.
Durant la première moitié du XIXème siècle le Béarn s’appauvrit, il n’y a plus de commerce avec l’Espagne, l’agriculture est très pauvre. Les départs des Béarnais vers les Amériques sont plus nombreux.
C’est à partir de 1830 que le tourisme fait son apparition dans les Pyrénées, il se développe dès 1860. Pau devient une véritable ville anglaise, l’une des plus modernes et des plus propres d’Europe. Le boulevard des Pyrénées et le Casino sont créés. Arrivent par la suite les allemands, les belges et enfin les français qui viennent profiter des cures thermales et des randonnées en montagne.
La ville de Pau devient une ville très sportive où se pratiquent l’équitation (au Pont-Long), le rugby, le golf, le polo, le tennis, le jeu de paume, la chasse à courre, la pêche au saumon, la pêche en montagne, l’aérostation…

Pendant la guerre civile d’Espagne (de 1939 à 1945), des républicains espagnols fuient Franco et s’installent en Béarn. Le camp de Gurs est créé pour les accueillir.
La résistance se développe et se réfugie dans des maquis partout en Béarn. Deux événements vont transformer le Béarn après la guerre : l’introduction du maïs hybride (la région devient très productive) et la découverte du gisement de gaz à Lacq (exploité au début par Elf-Aquitaine). On utilise également les ressources naturelles (eau de montagne) pour produire de l’électricité.
Depuis quelques dizaines d’années, de nombreux militants se battent pour que la langue d’Oc ne disparaisse pas. C’est ainsi que l’on voit le béarnais réapparaître dans la vie de tous les jours. De nombreuses initiatives voient le jour dans tous les secteurs, pour que la lenga nosta se perpétue.